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La lumière du soleil qui vous éclaire chaque jour produit sur vous des effets physiologiques. La lecture des quelques mots qui précèdent en a produit aussi. Quand vous lisez, ou entendez, le mot « soleil » vos pupilles se rétractent légèrement. Il en va de même pour la plupart du vocabulaire lié à la luminosité. Et au contraire, quand vous lisez « nuit » ou « obscurité », vos pupilles se dilatent légèrement.

Cette relation a été mise en évidence par des travaux du CNRS et de l’Université de Groningen. Alors que des expérimentateurs mesuraient la dilatation de leurs pupilles, des sujets étaient exposés à des mots liés à l’obscurité et à la luminosité ou encore neutres de ce point de vue. L’ordre des mots diffusés était tiré au hasard pour chacun des participants. A un premier groupe, les chercheurs ont présentés les mots par écrits, les sujets devaient donc les lire. Pour un autre groupe les mots étaient entendus. Les stimulus étaient donc soit visuels, soit auditifs.

« Jamais le soleil ne voit l’ombre. » Léonard de Vinci

Un automatisme mis en lumière

Entre une et trois secondes après la présentation du mot, il y a un changement de la taille de la pupille chez les participants. Par rapport à un mot neutre, elle se dilate plus face à un terme évoquant les ténèbres, et se rétracte plus également quand le terme évoque la lumière. Quand vous lisez « Soleil » c’est donc comme si vous pouviez le voir ou en tout cas vous trouver dans un environnement plus éclairé, du point de vue de votre réaction physiologique.

Mais on sait aussi que des termes qui sont chargés émotionnellement ont une action sur nos pupilles. Lorsqu’un mot est connoté positivement ou négativement, il va en effet produire une dilatation des pupilles. Et ce, dans une proportion liée à l’intensité de sa charge émotionnelle.
Dans l’expérience mentionnée, les chercheurs ont voulu faire la part des choses. Les mots en relation avec la luminosité ont bien une charge émotionnelle positive significative. Les voir ou les entendre devrait faire s’agrandir les pupilles si seul cet aspect avait un effet. Or on observe précisément le contraire. C’est donc que les constatations de l’effet sur notre regard est dû à la signification du mot, et non à ce qu’il nous fait ressentir.

De l’action des mots sur le corps

Représentation du processus entre le mot et la réaction physiologique

L’hypothèse, validée par l’étude, est que la signification des mots auxquels nous sommes exposés provoque une simulation mentale et même une réponse involontaire de notre corps, en relation avec le sens du mot. Notre cerveau va plus loin que la simple recherche de signification. Une explication avancée quand à la cause de ce mécanisme, c’est qu’il nous permet d’être prêt face à ce qui pourrait arriver. Dans certaines circonstances, il peut en effet être avantageux de se préparer à une baisse de luminosité si quelqu’un nous dit par exemple « C’est sombre à l’intérieur » pour décrire un lieu dans lequel nous allons pénétrer.

C’est pourquoi, lorsque nous lisons une fiction effrayante, nous sommes prêts à manifester de la peur et nous retrouvons à sursauter au moindre bruit, souvent anodin ! De même, et ce ce que montre une autre étude, quand nous entendons le nom d’un objet qui est situé dans notre champ de vision, il y une forte probabilité que notre regard se pose sur lui.

En résumé : nous ne faisons pas que comprendre ce que nous lisons ou entendons, mais nous nous préparons également mentalement et physiquement à agir en fonction de la signification de ce que nous avons perçu.
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