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Même si la colère nous semble une émotion négative, son rôle initial est de nous pousser à l’action. Au-delà de cet aspect, nous pouvons aussi apprendre à gérer notre propre colère et celle des autres. Commençons par voir quelles sont les raisons de la colère.

Action, réaction

L’utilité de la colère est de motiver à agir, et cela au-delà de nos inhibitions s’il le faut. Elle nous fait agir rapidement et parfois elle n’est plus utile lorsque l’action est engagée. Cela peut donc être bon pour notre motivation. Son but est de nous pousser à obtenir un changement ou une réparation. Souvent, elle est déclenchée par un obstacle ou une injustice.

Colère

Voici quelques éléments déclencheurs de la colère.

  1. Le mépris. Si quelqu’un vous traite avec mépris, il considère que ce que vous dîtes, faites, ou même êtes est sans importance. C’est ce que font ceux qui estiment ne pas avoir besoin des autres.
  2. La contrariété. Elle est provoquée lorsque quelqu’un vous empêche d’obtenir quelque chose que vous désirez. Y compris lorsque cette personne n’a même aucun intérêt à vous empêcher d’avoir ce que vous voulez ou n’est même pas en concurrence avec vous.
  3. L’impolitesse ou l’insolence. C’est un manque de respect flagrant, où une personne s’estime plus importante que vous, ou cherche à vous rabaisser, voire à vous provoquer.
  4. La trahison. Quand quelqu’un qui est censé vous aider ou vous appuyer ne fait rien de la sorte, vous laisse tomber, cela constitue une trahison.
  5. La mauvaise surprise. Un événement négatif inattendu peut déclencher la colère comme mécanisme défensif.
  6. Les attaques. Critiques injustifiées, ou même justifiées, diffamation, ragots sont autant d’éléments déclencheurs de la colère.
  7. L’humiliation publique. Se trouver dans une situation honteuse devant les personnes que nous admirons, qui nous admirent, ou devant nos adversaires ne peut qu’aggraver les choses.

« La colère, ça fait vivre. Quand t’es plus en colère, t’es foutu. » Richard Bohringer

Gérer sa colère et recevoir une critique

La colère répond donc à un besoin. L’inconvénient dans son expression en général, c’est que la colère alimente la colère, chez soi et les autres.

5 étapes pour gérer sa colère :
  1. Prendre du recul et relativiser.
  2. Respirer tranquillement pour faire baisser la pression interne.
  3. Oser exprimer son ressenti afin de faire baisser la tension interne.
  4. Satisfaire son besoin d’être écouté ou obtenir reconnaissance de l’injustice.
  5. Rester factuel dans ses propos.

 Cas pratique : recevoir une critique.

Pourquoi apprendre à recevoir une critique ?
  • Pour répondre de manière assertive à une critique.
  • Pour traiter l’ironie et les opinions sans entrer dans un conflit.
  • Pour renforcer la relation.

Gérer un sous-entendu

Exemple : « Tu as pris ta demi-journée ? »

Ne rien dire (si cette réflexion n’a pas provoqué d’émotion chez vous)

Répondre au premier degré « Non, il est 16h00, heure à laquelle je pars aujourd’hui. »

Faire apparaître le sens caché, questionner « Tu trouves que je pars trop tôt ? »

Utiliser l’humour : « Ça fera une voiture de moins dans les bouchons ! ».

« Quand vous êtes en colère, comptez jusqu’à quatre. Quand vous êtes très en colère, jurez. » Mark Twain

Faire face à une critique justifiée

Exemple : « Tu devais rendre ce dossier à 14h, il est 16h et je n’ai rien reçu ! »

  1. Rester stable
  2. Respirer et marquer un temps d’arrêt (prendre du recul pour ne pas répondre du tac au tac.)
  3. Identifier et reconnaître le problème. L’information est utile et permet de progresser.
  4. Proposer une solution, la reformuler et vérifier l’adhésion du critiqueur.
  5. Remercier le critiqueur pour sa sincérité et valoriser la relation.

Faire face à une critique injustifiée

Conflit

Exemple : « On ne peut pas te faire confiance ! »

  1. Laissez l’interlocuteur s’exprimer jusqu’au bout et laisser un silence avant de répondre.
  2. Tenir une posture stable avec un regard droit et franc.

Ensuite, plusieurs stratégies sont possibles :

  • Amortir le propos : exemple dire « c’est vrai » si un fait est exact, mais « c’est possible » face à un jugement.
  • Le disque rayé : répondre par un argument adapté et incontestable. « Le règlement l’interdit ». Le reformuler.
  • Le recentrage : rappeler à l’autre le vrai sujet de la discussion et lui montrer qu’il s’en éloigne.
  • Le refus : dans les cas extrêmes, insultes par exemple, ou si l’autre reste sur un jugement de valeur. « Je refuse de me laisser insulter », « C’est votre opinion, et je ne la partage pas. »

Gérer la colère

Prendre en compte la colère de l’autre

Nous sommes vulnérables aux explosions de colère, que nous pouvons prendre personnellement comme attaquant nos valeurs ou notre dignité. La fatigue et le stress nous rendent plus sensibles à l’agression.

Pourquoi prendre en compte cette colère ?
  • Permettre de mettre à plat une situation
  • Comprendre le message qui ne peut s’exprimer que de cette façon à ce moment.
  • Calmer le jeu et éviter l’apparition de comportements déviants.
  • Préparer la sortie du conflit.

Recevoir une colère est chose difficile : il faut s’appuyer sur l’affirmation de soi pour rester calme. Eviter de rentrer dans le rapport de force et de provoquer une escalade de la situation.

« Rester en colère, c’est comme saisir un charbon ardent avec l’intention de le jeter sur quelqu’un ; c’est vous qui vous brûlez. » Bouddha

Premier point : se protéger

  • Se faire respecter : Stopper l’escalade de façon calme et ferme si les limites sont dépassées.
  • Prendre du recul : Prendre les remarques en ce qu’elles concernent la situation et non soit.
  • Ne pas chercher à résoudre le problème : ce n’est pas le moment de proposer une solution immédiate et raisonnée.

Second point : comprendre le comportement

  • Identifier l’objet caché de la colère, se fier aussi à son propre ressenti.
  • Déterminer la sincérité ou la mauvaise foi de l’interlocuteur, si la colère est justifiée ou non.
  • En déduire la réponse adaptée pour faire face à la situation.

Répondre à la situation

Colère sincère ou justifiée

  • Faire comprendre à son interlocuteur que l’on comprend ce qu’il éprouve.
  • Proposer une ouverture : valider les souhaits de l’autre (reformulation). Cela ne veut pas dire qu’il aura gain de cause.
  • Rester ferme sans agressivité. Exemple : « Je comprends que cette attente vous mette en colère. A votre place je le serai aussi et je m’en excuse ».
  • Concentrer son attention sur soi sans chercher de solution immédiate.

Colère injustifiée ou de mauvaise foi : se protéger.

  • Rappeler qu’il y a des limites à ne pas franchir.
  • Reprendre les propos choquants : « vous venez de me traiter d’incapable ».
  • Une colère injustifiée se base sur des opinions : ce n’est donc pas une situation « à résoudre ». Il est possible de couper court. (Voir refus plus haut.)
  • Prendre du recul : l’autre utilise un prétexte pour donner libre court à sa colère.

Sortir du conflit

Sortir du conflit

Pour sortir d’une situation de conflit, commencez par en identifier les sources. Elles peuvent entrer dans les catégories suivantes :

Les faits : chacun à tendance à ignorer les données qui le gêne. Penser aussi que les données peuvent être limitées et partielles.

Les buts ou les intérêts de chacun peuvent diverger.

Les méthodes ou les procédés peuvent varier, même en cas d’objectifs communs.

Les valeurs : ce qui est défini comme bien ou vrai peut l’être en fonction du modèle du monde de chacun.

Puis, évitez l’escalade grâce aux pratique ci-dessous :

  • Observer et repérer les désaccords latents, lever les sous-entendus.
  • Mettre au jour un désaccord connu mais non exprimé : allusions, attitudes dubitatives…
  • Intervenir en cas d’émergence d’opinions discordantes pour ne pas laisser les émotions déplaisantes s’accumuler

Enfin, vous êtes en mesure d’intervenir sur les sources du conflit.

De façon générale, montrez que vous intervenez pour résoudre une difficulté, pas pour remettre en cause une personne. Servez vous des sources du conflit que vous avez identifié pour trouver vos moyens :

  • Mettre en commun les informations sur les faits. Mettre à plat leur interprétation. (Faits)
  • Identifier les objectifs de chaque partie, afin d’identifier le plus petit dénominateur commun sur lequel coopérer. Il est parfois nécessaire de chercher plus loin que l’objectif affiché. (Buts)
  • Reconnaître les forces et les faiblesses de l’autre et lui laisser une marge de manœuvre pour qu’il fasse ses preuves. Clarifier les responsabilités et convenir d’indicateurs. (Méthode)
  • Reconnaître que le résultat des actions est parfois en décalage avec les intentions et la complexité de la situation, du contexte. Exprimer les intentions respectives et rétablir le respect mutuel. (Valeurs)
Crédits photo : GRATISOGRAPHY
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