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Se connaître permet de mettre en place dans notre vie des habitudes pour être plus fort émotionnellement. C’est le thème du carnaval d’articles proposé par Matthieu Verne sur son blog « Vivre ses émotions ». Pour ma première participation à ce type de projet, comment faire pour apprivoiser ma peur ? Nous allons voir cela ensemble.

Les animaux sont confrontés à la peur dans leur environnement lorsque leurs sens perçoivent une source de danger. Cette émotion leur permet d’enclencher une réaction automatique favorable à leur survie. En tant qu’humain, je dispose du même mécanisme. Et en tant qu’humain, j’ai aussi une faculté d’anticipation et de l’imagination. Ces éléments clés de mon intelligence peuvent aussi être source de peur ou du sentiment d’insécurité diffus qu’est l’anxiété. En comprenant ma peur, je peux la surpasser et même m’en faire une alliée.

Une protection naturelle

Protection

Le but de la peur est que nous prenions les mesures pour éviter de souffrir. Cette souffrance peut être physique ou psychique. Donc son but est positif, il est de me protéger. C’est déjà un premier point qui me permet d’accepter son utilité. Et ce qui est utile n’est pas nécessairement agréable…
La réaction de peur provoque une vigilance accrue, une comparaison inconsciente avec des événements passés similaires à ceux vécus et une mobilisation musculaire. Notre respiration va également ralentir et notre voix devenir plus aiguë.

« O peur, peur auguste et maternelle, peur sainte et salutaire, pénètre en moi, afin que j’évite ce qui pourrait me nuire. » Anatole France

Tout ceci nous prépare à l’une des trois réactions stéréotypées, c’est à dire automatique :

  1.  Fuite
  2.  Combat
  3.  Inhibition (Une paralysie qui permet de se focaliser ou de « faire le mort » chez certains animaux.)

Ces réactions sont difficiles à exprimer ou réprimer dans notre environnement social. Et ne pas pouvoir le faire, alors que la menace perçue perdure, est à l’origine de ce que nous nommons le stress.
Lorsque nous avons peur pour notre intégrité physique, c’est le moment d’écouter notre intuition. Et dans un tel cas, comme le conseillait mon professeur d’arts martiaux, le plus approprié est la fuite.

Mes peurs spécifiques d’humain

Peur

La peur est déclenchée par un événement futur. La peur d’une agression physique dépend d’une menace imminente, mais la plupart des peurs que je peux éprouver dans ma vie concernent néanmoins des situations futures que j’anticipe et que je considère comme probables. D’ailleurs, plus cette situation me semble possible, plus ma peur sera forte. De même, quand elle se rapproche dans le temps, ma peur s’intensifie. De plus, la peur est accrue face à l’inconnu.

« Quand on ne sait pas, on a peur. » Eric Cantona

La peur est en rapport avec nos perceptions, notre expérience et nos croyances. Une expérience traumatique du passé peut la faire se réveiller dans une situation proche. Il en est de même pour des expériences négatives moins graves mais répétées. Notre éducation scolaire est par exemple particulièrement propice à ce que nous développions la peur de parler en public : s’exprimer devant un professeur, une classe ou un jury pouvant fréquemment être l’occasion d’être jugé, voire humilié.

« Les inhibitions viennent de la peur du jugement des autres. » Gilbert Trigano

Enfin, pour avoir peur… il faut qu’il y ait un échappatoire possible ! Les témoignages de personnes confrontées à des situations extrêmes, comme des catastrophes naturelles, des incendies et qui en ont rechapé le montrent. En comprenant qu’il n’y avait pas d’issue sans dommage possible, leur peur s’est arrêtée pour faire place à la résignation ou à une résolution extrême à braver l’environnement. Dans les deux cas, une forme de lâcher-prise.

Pour surpasser nos peurs, faut-il en passer par là ? Ce serait un peu extrême, mais il y des leçon à en tirer. Je vous dirai un peu plus loin comment je l’utilise.

Utiliser la peur

Nous l’avons vu, la peur est une émotion légitime. Il ne s’agit donc pas de la réprimer. Un déclencheur de la peur est la sensation ou l’appréhension de la perte de contrôle. Souvent, cela est dû à un manque d’information. Face à cette alerte, j’utilise deux techniques pour me préparer.

« J’ai peur du jour ou je n’aurai plus peur. » Martine Delerm

  1. Anticiper la situation future, en me posant des questions : quel est le risque ? De quoi ai-je besoin, et tous ces besoins sont-ils couverts ? Est-ce que je me sens sur la défensive ? Qu’est-ce qui me fait peur spécifiquement dans la situation ? Suis-je assez préparé ?
    Répondre à ces questions me permet de prendre les mesures nécessaires si je m’aperçois qu’il y a un manque.
  2. En parler à une personne de confiance. Afin éventuellement de recueillir ses conseils, et aussi parce qu’en m’exprimant je ne reste pas confiné dans mon monologue intérieur qui peut avoir tendance à tourner en boucle dans ce genre de situation. De plus, mon partenaire va m’aider à faire le tri entre les sujets de préoccupation réalistes et ceux qui relèvent de mon imagination.

« Le courage croît en osant et la peur en hésitant. » Proverbe romain

Dans certaines situations, ma peur se déclenche et je trouve cela normal. Par exemple quand je dois prendre la parole en public ou faire une activité pour la première fois. C’est là que le lâcher-prise va m’aider. Je sais que je vais ressentir de la peur. Je sais aussi que je veux vraiment me mettre dans la situation qui me fait peur, et que donc je n’ai pas d’échappatoire.
Alors oui, je vais quand même ressentir cette sensation désagréable, mais seulement brièvement. C’est un signal de sortie de ma zone de confort. J’ai intégré qu’ensuite j’aurais appris quelque chose de nouveau. La peur est donc bon signe ! Les émotions nous aident à vivre plus intensément. Et comme en cette circonstance il s’agit d’un choix, la satisfaction et la joie après coup est encore plus grande. Une belle session de formation, une étonnante séquence d’hypnose de rue avec des inconnus sont des plaisirs qui se méritent. Quelles sont ces situations qui en valent le coup pour vous : jouer dans une pièce de théâtre ? Faire de la musique ? Qu’auriez-vous envie de faire que vous n’avez jamais osé faire à cause de la peur ?

En résumé : La peur est un signal. Le reconnaître permet de s’interroger sur notre niveau de préparation et de remédier à ce qui nous manque. En parler à quelqu’un de confiance nous permet aussi de faire la part des choses entre réalité et fantasme.

Préparation grâce à la visualisation

Préparation

Voici ma technique pour me motiver face à une situation future où je ressens de l’anxiété. Mon objectif est que tout s’y passe de façon idéale pour moi.
A vous d’imaginer votre objectif et de lire les étapes suivantes avant de les réaliser à votre tour.

  • Fermez les yeux et détendez-vous.
  • Imaginez-vous face à un grand mur blanc
  • Sur ce mur, vous allez peindre, dessiner une scène correspondant à l’atteinte de votre objectif.
  • Mettez des couleurs bien vives
  • Maintenant, la scène se met en mouvement, observez-là
  • Puis plongez dedans, pour prendre votre vraie place
  • Que voyez-vous ? Qu’entendez-vous ? Que sentez-vous ?
  • Quelles sont vos sensations ? Interrogez-vous aussi sur les pensées qui traversent votre esprit à ce moment
  • Ressentez la satisfaction d’avoir atteint cet objectif, en vous. Comment les autres réagissent-ils ?
  • Intensifiez tout ce qui est positif et vous fait sentir de la satisfaction
  • Prenez le temps d’en profiter, d’explorer
  • Rouvrez les yeux, retour dans le présent avec le sentiment de savoir ce qui est à faire et de ce qui sera.

« Tout l’apprentissage a une base émotionnelle. » Platon

Crédits photo : GRATISOGRAPHY
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