Confiance en conscience

Les secrets du dialogue avec soi-même et avec les autres : hypnose et PNL

Comment se mettre sur la même longueur d’onde ?

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Avez-vous déjà ressenti cette impression de comprendre, et d’être compris par votre interlocuteur ? « Être sur la même longueur d’onde » est une expression qui pourrait bien être à prendre au pied de la lettre. En effet, plusieurs recherches nous montrent que nos activités cérébrales se coordonnent avec celles de nos interlocuteurs. Quels sont ces mécanismes, et comment les mettre en œuvre afin d’améliorer notre communication et de transmettre nos idées efficacement ?

Regardez-moi dans les yeux

regard

Un regard mutuel, l’un vers l’autre, est un signe d’attention. Une étude japonaise menée par le chercheur Takahiko Koike menée sur 96 sujets montre que deux phénomènes se produisent lorsque deux personnes se regardent les yeux dans les yeux :

  • Une synchronisation du rythme de clignement des paupières
  • Une synchronisation de l’activité d’une partie du cerveau qui est responsable de la production et de la compréhension du langage, ainsi que du contrôle de l’attention (le Gyrus frontal inférieur).

L’expérience ne comprend pas de dialogue ! Seulement deux personnes qui ne se connaissent pas, et qui s’observent. Pourtant, une communication se noue déjà.

« Le premier regard, c’est la première note magique jouée sur la corde d’argent de notre cœur. » Khalil Gibran

Bien, mais fixer quelqu’un comme cela n’est pas vraiment socialement acceptable. En plus, en dehors de circonstances imposées par une étude en laboratoire, la personnalité est à prendre en compte. Lorsque nous voulons nouer un contact avec quelqu’un, le contact visuel est primordial : si une personne nous retourne notre regard, nous le prenons comme une ouverture au dialogue. Pour certains d’entre nous, recevoir un regard est une invitation et est stimulant. Pour d’autres, il s’agit d’une expérience désagréable et peut même engendrer de l’anxiété.

Par exemple, dans un magasin, une boutique, vous savez en général rapidement qu’un vendeur vous observe et est prêt à vous adresser la parole, n’est-ce pas ? Que cela provoque-t-il chez vous ? Avez-vous envie de vous laisser approcher, ou bien avez-vous envie de fuir ? Cette réaction est corrélée à une dimension de la personnalité appelée neuroticisme et qui représente notre facilité à expérimenter des émotions négatives telles que la colère ou la culpabilité. Les personnes montrant un faible neuroticisme vont vivre ce regard de façon agréable, et pour celles ayant un plus fort neuroticisme ce sera désagréable et donc à éviter.

Après en avoir un peu plus appris sur vous-même, servez-vous de cela aussi pour évaluer votre interlocuteur. Sa première réaction, attrait ou évitement, vous permettra d’avoir une première idée d’un de ses traits de personnalité, et donc de vous y adapter. Ensuite, cela vous permet de jauger à quel point vous pouvez utiliser l’échange de regards, et le soutenir, quand vous discuterez par exemple. Ainsi vous serez en phase avec votre partenaire, dans le partage d’une même attention.

En résumé : Le contact visuel est important pour nouer et renforcer un contact, son intensité doit être adaptée à votre interlocuteur.

Mouvement social

trois hommes regardant dans la même direction

C’est la fin d’un spectacle, et vous applaudissez. Selon votre satisfaction et votre enthousiasme, vous battez des mains votre propre rythme, comme tout le monde. Les applaudissements fusent de tous les spectateurs et bientôt vos mains prennent une cadence à l’unisson de la foule et vous faîtes… comme tout le monde. Où est le chef d’orchestre qui a accomplit ce prodige, et auquel vous avez obéit ? Les humains ont une tendance naturelle à coordonner leurs gestes. Mais comment nos mécanismes neuronaux et sociaux inconscients interagissent-ils ? C’est ce qu’on voulu savoir les chercheurs de l’Institut Technologique de Californie.

Ils ont mis leurs sujets par paires, leur ont demandé de se tenir l’un en face de l’autre et de tendre un bras et l’index de la main devant eux et de rester statique. L’un des sujet tendait le bras et l’index gauche, l’autre le droit. Ils avaient aussi pour instruction de fixer leur regard sur l’extrémité du doigt de leur vis-à-vis, et ceci pendant une minute. Ensuite, la même opération était faite en changeant de bras. Pendant ce temps, les scientifiques enregistraient à la fois les déplacements inconscients des doigts et l’activité du cerveau par imagerie cérébrale.

Lors de quatre séquences suivantes, dans la même position, un leader était désigné au hasard et devait effectuer des mouvements avec son bras que l’autre participant devait reproduire. Cette phase est dite « d’entraînement ».

Enfin, le même exercice que la première phase était reproduit, dans le but d’analyser les mouvements inconscients après cet entraînement à agir de concert.

Les données recueillies montrent que dans cette dernière phase, il y a une synchronisation élevée entre les mouvements involontaires des participants, mais aussi dans leur activité cérébrale. Et, ce qui est d’autant plus remarquable c’est que cette synchronisation se fait sans délai ! C’est à dire qu’aucun des participants ne reproduit ce que fait l’autre, leurs doigts et leurs cerveaux ont la même activité en même temps.

« Chacun de nous est un petit émetteur-récepteur qui s’ignore. Si nos ondes se heurtent violemment, naît le ressentiment. » Michelle Guérin

Ce phénomène de synchronisation se révèle assez complexe car plusieurs aires cérébrales sont en jeu. Néanmoins, il est notable qu’après la phase d’entraînement, ce sont les ondes thêta et bêta qui se synchronisent. Les ondes thêta sont impliquées d’une part dans les processus émotionnels et sociaux implicites, et d’autres part dans les phases de sommeil paradoxal, où l’on rêve, et dans l’état d’hypnose. Les ondes bêta quand à elles sont liées à la concentration. Par ailleurs, il n’a pas été relevé d’activité particulière concernant les ondes alpha, impliquées dans l’activité des neurones miroirs et le traitement des activités motrices et sociales explicites.

L’étude conclue donc, qu’après une phase de mouvements coordonnés, il s’établit des relations entre les cerveaux des participants, qui vont agir comme un unique système pour traiter les interactions sociales inconscientes, y compris lorsqu’elles impliquent des mouvements !

Alors, pour vous mettre en connexion avec les autres, vous pouvez commencer par synchroniser vos mouvements avec les leurs. Des mouvements habituellement inconscients, comme la position des membres, les gestes accompagnant une discussion ou la respiration sont les clés qui vont vous permettre d’y parvenir.

En résumé : synchroniser volontairement, et discrètement, des gestes avec votre interlocuteur renforcera votre sentiment de proximité.

N’oubliez pas les paroles

« La parole reflète l’âme. » Sénèque

Pourquoi parler, alors ? Tout d’abord, même si les éléments que nous venons d’évoquer sont utiles dans la communication, il y a des circonstances où l’on ne voit pas la personne avec qui l’on veut communiquer. C’est le cas lorsque nous sommes au téléphone, par exemple. Heureusement, lors d’une discussion, même lorsque les deux personnes ne se connaissent pas, des phénomènes de synchronisation se produisent.

Ici, c’est le Centre Basque sur la Cognition, le Cerveau et le Langage, qui a mené l’étude. Les sujets, séparés par une paroi, ne se voyaient pas et discutaient, alternant les rôles de celui qui parle et de celui qui écoute. Là encore, l’observation du cerveau par électroencéphalogramme montre que les ondes cérébrales se synchronisent, les oscillations ayant lieu simultanément pour les deux sujets.

téléphone artisanal

Transmission de pensées

Mais qu’en est-il de l’information ? Comment sommes nous sûrs qu’un message est compris exactement comme il a été énoncé ? Tournons nous vers Uri Hasson et son équipe de l’université de Princeton. Il ont précisément étudié cet aspect dans la communication interpersonnelle.

« Une de nos armes les plus puissantes est le dialogue. » Proverbe africain

Une personne raconte une histoire réelle qui est entendue par plusieurs sujets, dont l’activité cérébrale est enregistrée. Avant qu’ils n’entendent le récit, ces activités sont disparates, mais une fois l’écoute commencée, elles s’alignent. C’est -à-dire qu’elles se synchronisent et deviennent similaires pour tous les participants. L’expérience a fait varier les paramètres : syllabes, puis mots et enfin phrases dans le désordre. Ainsi, plus le degré de signification est élevé, plus il y a de zones cérébrales qui se coordonnent. Ce n’est que lorsqu’il s’agit d’un récit ayant du sens que le cortex frontal s’aligne aussi. Il s’agit de la partie du cerveau responsable de la planification de nos comportements face aux perceptions internes et externes. Elle est étroitement reliée aux fonctions cognitives supérieures, telles que le langage, la mémoire et le raisonnement et est centrale dans la créativité et la personnalité.

Le même phénomène est observé lorsqu’un sujet visionne un épisode de la série « Sherlock » et le raconte, à sa manière, à un autre sujet. Leurs cerveaux se synchronisent. D’après Uri Hasson, « Les personnes que nous fréquentons définissent qui nous sommes ».

Il existe pourtant une condition qui empêche cette reproduction du comportement cérébral.

Une même histoire est racontée à deux groupes : Un homme perd son épouse dans une fête. Il appelle son meilleur ami pour lui demander s’il a vu sa femme. Mais au préalable, on a dit à l’un des groupes que la femme entretenait une liaison avec l’ami, et à l’autre que la femme était fidèle, mais que le mari était très jaloux. L’activité cérébrale des sujets à l’intérieur d’un même groupe est synchronisée, mais elle est différente d’un groupe à l’autre. Une simple phrase peut donc rendre notre cerveau identique à ceux qui pensent comme nous, mais différent de ceux qui pensent autrement… Ainsi nos croyances peuvent s’avérer une difficulté dans la transmission de faits et d’idées. C’est pourquoi, pour être sur la même longueur d’ondes, il est important de dialoguer.

En résumé : La parole est un élément privilégié pour transmettre une information. Le dialogue permet d’éviter les incompréhensions dues à nos croyances, et aussi à ce que ce ne soit pas celui qui parle qui prenne l’ascendant sur ceux qui l’écoutent.

 

« Hé bien des beatniks entre autres, des chanteurs de folk, des bikers, tu sais tous ces types dans le vent décontract’, sensas’ extra formid. Tout baigne dans l’huile mon pote, est ce que tu piges ? Ça va on est sur la même longueur d’ondes. Ah ouais tu m’étonnes ! Serres moi la pince mon frère ! » Willy Wonka

Crédits photo : GRATISOGRAPHY
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Un défi : 52 semaines, 52 mots

  1. Pascal

    Très intéressant.
    Bien écrit, simple, sans fioritures inutiles et didactique.
    Des phénomènes qui font écho à mes propres expériences et réflexions.
    Nous sommes connectés et synchronisés, cher ami!

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