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Nos souvenirs sont associés entre eux. De plus l’activation d’un souvenir peut en faire surgir un autre. Un air de musique nous rappelle un moment de notre vie, qui lui même peut nous faire penser à certaines personnes, certains endroits, et ainsi de suite. Ces souvenirs peuvent être agréables ou non, ce n’est pas quelque chose que nous contrôlons. Parfois ils provoquent des réactions émotionnelles extrêmes, une attitude qui tout de suite nous agace par exemple, sans que nous puissions le contrôler. Pour les comprendre, nous allons d’abord voir comment la recherche nous permet de comprendre comment se forment ces liens, puis nous étudierons une technique qui nous permettra d’utiliser ce phénomène en conscience et à notre avantage.

Formation des souvenirs

Mémoires

Pour la formation de la mémoire, plusieurs parties du cerveau sont impliquées. Tout d’abord l’hippocampe qui encode ce qui concerne nos expériences personnelles et l’amygdale qui forme les souvenirs chargés émotionnellement. Ensuite les souvenirs sont stockés dans le cortex préfrontal médian. Les informations de notre mémoire sont portées par les neurones. Un même souvenir va mobiliser un groupe de ces neurones.

« L’érudition, c’est la mémoire et la mémoire, c’est l’imagination. » Max Jacob

Plusieurs études nous permettent maintenant de comprendre comment ces groupes de neurones interagissement. Des souris sont placées dans une nouvelle cage où elles reçoivent des chocs électriques. Puis cinq heures plus tard dans une autre nouvelle cage où elles ne reçoivent aucun traitement particulier. Si plus tard elles sont de nouveau placées dans la première cage, elles expriment une réaction de peur. Elles se souviennent de cette cage, et de ce qui s’y est produit. Cela n’a rien d’étonnant car les souris sont dotées de mémoire tout comme nous. Néanmoins, si elles sont placées dans la seconde cage de nouveau, elles vont également avoir une réaction de crainte. Ce phénomène n’a pas lieu si au lieu de cinq heures, un intervalle de sept jours sépare le placement dans les deux cages.

Des neurones à la loupe

Le cerveau de ces souris, et en particulier les neurones impliqués dans ces souvenirs ont pu être observés directement grâce au procédé du miniscope. Le souvenir de la première cage est encodé dans un groupe de neurones. Après un intervalle de cinq heures, le souvenir de la seconde cage est encodé dans un autre groupe de neurones qui possède de nombreuses cellules communes avec le précédent. Quand l’intervalle est de sept jours, il y a cette fois très peu de neurones en commun entre les deux groupes.

Neurones vierges

Neurones avant intégration d’un souvenir

Souvenir A

Groupe de neurones dans lequel est enregistré le souvenir de la première cage, en rouge

Souvenir A et B

Le nouveau souvenir récent est enregistré par les neurones en bleu. En violet, les neurones en commun.

Cette proximité physique fait que lorsque l’un des souvenirs est remémoré, l’autre l’est aussi. Et ce d’autant plus qu’ils sont stockés sur des neurones communs. Nous connaissons donc maintenant les bases cérébrales du phénomène, et peut-être pouvons-nous parier que chez Proust le souvenir du goût des madeleines impliquait les mêmes neurones qu’un souvenir de bien-être joyeux.

« Mais à l’instant même où la gorgée mêlée des miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d’extraordinaire en moi. Un plaisir délicieux m’avait envahi, isolé, sans la notion de sa cause. » Marcel Proust

La technique d’ancrage

Ancre

Quand deux éléments de notre mémoire sont liés, et que l’un active l’autre, c’est ce que la PNL appelle un ancrage. Nous pouvons nous en servir pour réactiver nos émotions positives, ce qui peut nous servir face une situation de notre choix. Typiquement, nous allons associer une mémoire contenant une ressource et un geste ou un endroit de notre corps. Il est possible d’utiliser aussi un mot ou une image, bien entendu. Idéalement, il ne s’agira pas de quelque chose de commun ou de naturel qui puisse advenir par hasard. Par exemple, je me suis créé un ancrage que j’active en appuyant mon pouce sur l‘ongle de mon annulaire, sur la main gauche. Ce geste ne peut ainsi être produit que si je le décide. Je peux aussi le faire discrètement.

« Rien n’est plus vivant qu’un souvenir. » Federico Garcia Lorca

Commencez par choisir l’émotion que vous voulez activer pour votre ancrage. Par exemple la joie, l’accomplissement, le sentiment de réussite, le calme ou la relaxation. Parmi vos souvenirs trouvez ceux qui correspondent le plus à l’état souhaité, et sélectionnez celui où ce que vous ressentez est le plus intense.

Si ce n’est pas déjà fait, choisissez ce qui constituera votre ancre. Trouver un endroit calme et commencez par vous détendre en vous concentrant sur votre respiration. Ensuite vous pouvez aussi fermer les yeux.

Repensez à votre souvenir pour l’activer, et dès que l’émotion commence à se faire ressentir nettement, mettez votre ancre en place jusqu’au moment le plus intense. A ce moment, arrêter de réaliser votre ancre. Répétez le processus plusieurs fois. Ensuite, refaite votre ancre et vérifiez qu’après quelques instants vous êtes bien dans l’état que vous souhaitiez obtenir. (Et recommencez le processus si ce n’est pas la cas).

Période d'activation de l'ancrage

Et bien entendu, si vous voulez accéder ainsi à plusieurs états, vous pouvez créer plusieurs ancrages différents.

En résumé : 1. Sélectionner l’émotion désirée – 2. Choisir l’ancre qui va l’activer – 3. Se calmer et se concentrer – 4. Rappeler le souvenir et l’associer à l’ancre jusqu’au point culminant de l’émotion – 5. Rejouer le processus jusqu’à vérification du bon fonctionnement de l’ancrage
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