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Depuis plusieurs années la sortie du tabagisme est un enjeu de santé publique majeur. L’hypnose apparaît comme une des solution permettant, à ceux que le souhaitent, de se passer de la cigarette. Mais vaut-elle mieux que les autres solutions ? Et ses effets sont ils pérennes ?

Un effet durable

Une étude intitulée « Hypnothérapie intensive pour arrêter de fumer: Une étude prospective » montre que l’hypnose, et la suggestion individualisée, possèdent des effets durables puisque 60 % des sujets étaient encore non-fumeurs après 12 semaines. 40 % le sont encore après 26 semaines.

Cette étude expérimentale indique des résultats probants à plus long terme. Pour 81 % des sujets qui déclaraient avoir cessé de fumer après 3 séances de traitement, c’était encore le cas pour 48 % d’entre eux après 1 an.

Enfin, cette autre étude indique 90 % d’abstinence après 6 mois à 3 ans.

Fumeur

Comparaison avec d’autres traitements

L’intérêt des études qui suivent est que la comparaison s’effectue avec d’autres méthodes validées dans l’arrêt de la cigarette.

Cette étude compare l’efficacité de l’hypnose et du conseil comportemental. Si à moyen terme le conseil comportemental semble donner de meilleurs résultats, à 1 ans ils deviennent comparables : 29 % d’arrêt du tabac pour l’hypnose et 28 % pour le conseil.

Des résultats remarquables ont été obtenus auprès de patients hospitalisés. Les patients, atteints de pathologies pulmonaires ou cardiaques, ont eu le choix entre ne suivre aucun traitement et stopper par eux-mêmes, recevoir des substituts nicotiniques (les plus connus étant sous formes de patchs ou de pastilles), effectuer des sessions d’hypnothérapies ou enfin une combinaison de patchs et d’hypnothérapie.
Les patients des groupes avec hypnothérapie, que ce soit avec ou sans substituts, deviennent non-fumeurs à 50 % après 26 semaines. Sans traitement ce taux est de 25 %. Enfin le groupe n’ayant reçu que des patchs n’obtient que 15 ,78 % de réussite.

non merci

Qu’en conclure ?

Les résultats sont très variables suivant les études, comme le montre cet état de l’art de 2010 : on peut trouver des résultats variants de 94 % à 19 % de réussite du sevrage tabagique.

« – Monsieur Bramard, une cigarette ? – Merci, j’essaie de commencer !” » OSS 117 : Le Caire, nid d’espions

Les protocoles utilisés dans les études cliniques sont à la fois très variables entre les études, nombre de séances, suivis, types des suggestions ; et similaires entre eux dans une même études afin de contrôler la variabilité des paramètres : inductions standards, protocoles parfois scriptés et donc une moins grande adaptation au sujet, même nombre de séances pour tous les sujets, etc. Toutefois, la plupart des études montrent que l’hypnose donne des résultats probants pour cette problématique.

Les études scientifiques dans ce domaine sont importantes pour y voir plus clair et comprendre ce qui est le plus efficace. Elles sont encore relativement récentes, et s’affinent d’année en année. Les quelques études menées avant les années 2000 que l’on peut encore trouver peinent à mettre en évidence les effets de l’hypnose. Ceci prouve à la fois que les études sur la question sont de plus en plus étayées et peut-être aussi que les techniques d’hypnoses vont dans le sens d’une plus grande fiabilité et efficacité.

Une approche personalisée et complète

Le rapport de notre société avec le tabagisme évolue, de même que chacun à son histoire et ses raisons de fumer, même si elles ne sont pas conscientes. Il est donc important de recevoir une thérapie et un suivi adapté à chaque individu. Ce dont il faut avoir conscience, c’est aussi l’importance de l’engagement et de la motivation des personnes qui sortent de leur dépendance tabagique. Pour reprendre l’exemple de l’étude menée à l’hôpital, il y avait une forte disparité de la réussite globale de l’arrêt suivant la pathologie : 45,5 % pour les patients cardiaques contre 15,63 % pour les diagnostiques pulmonaires. Il est clair que les enjeux propres au patient sont déterminants dans la façon dont il aborde la nécessité de se sevrer.

« La vie de l’homme dépend de sa volonté ; sans volonté, elle serait abandonnée au hasard. » Confucius

Au-delà des techniques visant purement à l’arrêt du tabac, il est important d’être soutenu sur ces versants d’engagement et de motivation et aussi de prendre en compte les aspects comportementaux et émotionnels. Et comme l’indique cette étude, c’est ce que permet l’hypnothérapie.

Comme le montre Robert Cialdini dans son ouvrage “Pré-suasion”, les messages inquiétants, tels ceux imprimés sur les paquets de cigarettes, sont efficaces pour changer les habitudes à condition qu’une solution soit proposée. L’hypnose est, dans le cas du sevrage tabagique, une indication sérieuse pour parvenir à cet objectif.

 

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